Les années s’écoulent, pour la SOMUPOS comme pour la vie de tous, et tout naturellement, des changements s’opèrent au sein de notre mutuelle, de notre conseil d’administration notamment. Notre secrétaire générale, Mireille Massolo, en poste depuis 2006 à la MEPSS, devenue SOMUPOS, passe le flambeau à Carole Chaine, entrée en 1998 à l’UMT (Union Mutualiste des Travailleurs) et aujourd’hui, Responsable de la Coordination Nationale au sein de Solimut Mutuelle de France.
Elles se sont volontiers prêtées toutes les deux à cette interview croisée, destinée à vous les faire mieux connaître.
1 – Mireille et Carole, aujourd’hui, pouvez-vous chacune revenir sur votre engagement mutualiste, vos premières expériences en la matière, et ce qui vous a poussées à vous impliquer activement ?
Mireille : » La mutualité, je peux le dire, est chez moi une histoire de famille. En effet, dans les années 1960, mon père, avec Yvette Giana, devenue par la suite Présidente des Mutuelles de Provence , et d’autres, a contribué à la création des centres de santé mutualistes des Bouches-du-Rhône. J’ai donc baigné, dès l’enfance, dans l’univers de la mutualité. Et c’est presque logiquement que je me suis engagée à l’âge adulte dans ce grand mouvement de solidarité « .
Carole : » Je me souviens de mon 1er contrat de travail de 6 mois à l’UMT. Je venais d’avoir tout juste 22 ans, je finissais un CDD dans une grande banque et ce que je découvrais dans cet univers mutualiste n’avait vraiment rien à voir. Je recevais un accueil et un accompagnement sans commune mesure. A la fin de ce contrat, deux propositions s’offraient à moi : la banque qui me propose de me reprendre, et la mutuelle un nouveau contrat. Choix cornélien ? Pas du tout ! Entre la grande entreprise bancaire et le monde mutualiste, le choix du coeur s’est vite imposé.
Mon responsable d’alors, pour le citer Gérard Menella, un homme engagé et attaché à son entreprise mutualiste m’a transmis cette envie d’accompagner les personnes dans le mouvement en adhérant à notre mutuelle. C’était un acte différent que de signer dans une banque ou même dans une autre mutuelle. La nôtre avait ce supplément d’âme qui faisait la différence. C’est ce que je retrouve à la SOMUPOS, une mutuelle qui puise dans ses ressources d’engagement et de solidarité. C’est dans son ADN de mouvement mutualiste qu’elle puise l’énergie pour améliorer son engagement auprès de ses mutualistes.
Travailler avec les membres du Conseil d’administration est une véritable richesse pour moi, en tant que nouvelle Secrétaire Générale. J’évolue à leur côté, tout en les accompagnant avec notre Président, dans les changements qu’il nous faut prendre pour mener à bien nos missions. Il nous faut sans cesse nous adapter pour que notre Grande dame qu’est la Mutualité puisse perdurer dans son action d’accès à la santé pour tous « .
2 – Quels ont été le ou les moments les plus marquants, les plus gratifiants, au cours de ces années de mutualisme ?
Mireille : » Le moment le plus marquant a été, sans conteste, le passage au contrat groupe obligatoire, en 2009, dont la gestion nous a été confiée, après des mois de préparation et d’implications de tous ordres. Nous venions 3 ans auparavant de fusionner avec la MEPSS, mutuelle de la CPAM des BdR, avec comme président Eric Capdeville, aujourd’hui toujours président de la SOMUPOS. Cette fusion aussi a représenté un tournant important. C’est grâce à son engagement sans faille que nous avons réussi ce challenge de gestion du contrat groupe « .
Carole : » Un des moments qui m’a marqué fut notre manifestation à Paris, au début des années 2000, contre le forfait journalier hospitalier mis en place par Bérégovoy des années auparavant. Nous, Marseillais, sommes allés rejoindre notre Fédération pour manifester notre désaccord contre cette franchise injuste, impactant lourdement la protection sociale des populations. C’était une de mes grandes premières manifestations. C’était impressionnant !
Celui que je retiens comme gratifiant pour moi, sera celui où un des conseillers que j’ai managé dans mon équipe est devenu un excellent responsable aujourd’hui. Je me dis qu’il a été accompagné comme je l’ai été à mes débuts. C’est satisfaisant, il faut se l’avouer : l’accompagnement et la transmission sont les 2 grandes missions d’un responsable « .
3 – Celui ou ceux les plus critiques ou difficiles ?
Mireille : » Le moment le plus critique, on peut presque dire douloureux, je l’ai vécu au tout 1er congrès auquel j’ai participé, congrès de la FNMF (Fédération nationale de la mutualité française), à Toulouse, auquel la FMF, fédération des mutuelles de France, avait été invitée pour la 1ère fois depuis son exclusion. Comme à chaque fois, le Président de la République y était convié. Il s’agissait alors du Président Chirac. Quelle a été ma stupéfaction et ma déception, de le voir ovationné avec grand enthousiasme, par l’assistance de cet amphi immense, connaissant la politique de sape des droits sociaux menée par son gouvernement ! »
Carole : » Celui que je retiens de plus difficile humainement sera la perte d’un de mes responsables, il y a 2 ans, avec lequel j’ai travaillé 24 ans. Parti beaucoup trop tôt , cela nous rappelle à tous combien il est important de prendre soin des autres et des siens … C’est très dur de perdre une personne qu’on a toujours connue et qu’on croyait presque éternelle dans notre environnement professionnel. Car nous ne sommes pas seulement des collègues de travail, c’est bien plus que ça, à la mutuelle… ».
4 – Par quel trait de caractère ou quel adjectif vous définiriez vous ?
Mireille : » Pour me définir, je dirais que j’ai plutôt un caractère entier, et que je pense être fidèle à mes convictions, même si cela a été au détriment de mon avancement professionnel à la CRAM, à cause de mon détachement à la mutuelle de 2 jours par semaine. Mais je ne regrette vraiment rien « .
Carole : » Il est très difficile de parler de soi… Mais je crois être bienveillante et humble. Je n’ai pas avancé toute seule, c’est bien parce que j’ai été accompagnée et bien entourée que je suis aujourd’hui ce que je suis devenue : une femme entière, accomplie, parfois en réflexion, et toujours combattante « .
5 – Une citation, une œuvre, une personnalité qui est importante et parlante à vos yeux ?
Mireille : » Dans l’histoire mutualiste, plusieurs personnalités m’inspirent un grand respect, des pionniers des Mutuelles de Provence, tels que Louis Calisti, Félix Girolami et Yvette Giana. Hors mutualité, j’admire Simone Veil et Robert Badinter, qui ont marqué d’une pierre blanche leur passage sur terre « .
Carole : » Mon adage n’est pas très original, mais il me correspond tellement. Il est de Nelson Mandela : « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». Vous voyez c’est simple, et ça, c’est moi « .
6 – Quelles activités, loisirs ou centres d’intérêt vous enthousiasment le plus dans votre vie « hors mutuelle » ?
Mireille : » J’adore la lecture, marcher dans la nature et admirer le monde vivant qui nous entoure. J’aime aussi voyager, chaque fois que cela se présente « .
Carole : « Allez, j’ose me livrer un peu : J’adore toutes les activités d’artisanat. Je m’explique : un atelier de souffleur de verre, un atelier de poterie me créent des instants de bonheur. J’ai pu une fois pratiquer et produire à mon grand émerveillement une boule de verre ! C’est captivant de voir cette matière incandescente se mouvoir avec les gestes de l’homme, pour devenir une pièce unique et exceptionnelle. Ça me fascine, je ne m’en lasse pas … Cela doit être mon côté Lion !
J’aime aussi les discussions en famille avec mes enfants, tant sur des sujets légers, comme le dernier film au cinéma, que sur des thèmes plus sérieux comme sur leurs envies d’entreprendre des projets qui les font vibrer… Cette génération est engagée et pleine d’ambition, c’est intéressant d’échanger sur leur vision du monde, car elle est différente de la nôtre « .
7 – En ces temps plus que troublés, quel message d’espérance auriez-vous à nous envoyer ?
Mireille : » Les êtres humains ont démontré que dans les pires difficultés, ils savaient faire preuve de solidarité et d’empathie. Je souhaite y croire toujours et pour longtemps, sans doute grâce à la nouvelle génération, plus sensible aux problèmes environnementaux, en laquelle je garde espoir « .
Carole : » La seule variable c’est Nous, les Femmes et les Hommes avec un grand F et un grand H. C’est seulement ce que nous sommes et ce que nous faisons qui impacte notre écosystème qu’il soit, social, familial ou professionnel. Alors, mon message sera plein de volonté et d’espoir, celui de nous inciter à nous projeter vers de beaux et réalisables objectifs, avec ambition et avec les moyens, qui sont les nôtres, pour les atteindre. Nous sommes la Différence … ».
De gauche à droite : Mireille Massolo et Carole Chaine (12.2024)

Propos recueillis par Margareth Calvani.



